Je t’ai rêvé de Francesca Zappia

 

La couverture de Je t’ai rêvé, il faut bien l’avouer accroche l’œil. Elle est d’ailleurs en demi-finale pour un concours (et ce n’est que mérité). On y voit Alex 17 ans, s’abriter sous un parapluie, enveloppée dans un grand pull rayé. Au-dessus d’elle, le ciel lui tombe sur la tête, c’est un déluge, un torrent de pluie, …ou de larmes … ou peut être est-ce la couleur du regard de ce garçon si particulier qu’elle surnomme « Yeux bleus »: tout comme elle, on ne sait pas très bien, on est dans le flou.

Pourquoi ?

Car Alex souffre depuis l’âge de 13 ans de schizophrénie paranoïaque :

Ensuite, j’ai effectué mon contrôle du périmètre. Cette opération se décompose en trois parties : avoir une vue à 360° de mon environnement, noter tout ce qui sort de l’ordinaire (…) et archiver ces observations dans ma mémoire au cas où ces choses me joueraient des tours plus tard.

 

Incapable de se fier à ses sens, elle ne peut faire confiance qu’à son appareil photo, sa petite sœur Charlemagne (oui, on est bien d’accord, c’est un drôle de prénom mais le père est un fan d’Histoire). Et de sa boule magique. Alors quand Alex, retrouve Yeux bleus, qui s’appelle en fait Miles, quelques années après dans son nouveau lycée, le doute s’installe : il n’était pas une hallucination ?

  • – Est-ce que tu es vivant ?

  • – Oui

  • – Tu habites ici ?

  • – Oui

  • – Je te connais

  • – Oui

  • – Est- ce que je t’ai rêvé ?

 

 

Tout commence par une histoire de homard. Et ça m’a tout de suite fait penser au titre du livre de Françoise Dolto, Le complexe du Homard. En 2 mots, c’est une image pour figurer la crise d’adolescence. L’adolescent se défait de sa carapace, soudain étroite, pour en acquérir une autre. Pendant cette phase de transition, sans carapace, il est vulnérable, perméable. Et c’est tout à fait l’état d’Alex, dont l’esprit vacille et qui se réfère beaucoup au homard, car ses cheveux ont la même couleur que celui-ci.

 

J’avoue avoir était un peu dérouté au début de l’histoire. Entre délires liés à la maladie, une imagination débordante ou un regard décalé sur la vie, il est assez difficile de savoir ce qu’on lit. Et c’est le tour de force de Francesca Zappia :   de nous faire douter, nous aussi. Par des tours de passe-passe, des chausses trappes, elle nous fait comprendre la schizophrénie, nous rendant, tout comme Alex incertain de ce que l’on a vécu avec elle.

 

Mon avis : Un beau roman, bien écrit, qui aborde de manière originale cette maladie.

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