La Vérité qui est en moi (Chronique #6)

18 e siècle, Roswell Station, en plein dans la Guerre d’Indépendance, n’est encore qu’un hameau, puritain… extrêmement puritain. Des familles arrivent par bateau. Parmi elles, un garçon et une fille, 4 ans d’écart :

«  Je me souviens que ma mère racontait des histoires à propos de notre odyssée, quand j’étais enfant. Maintenant, elle n’en parle plus jamais. Elle disait que j’avais les yeux grands ouverts pendant tout le voyage, à t’observer »…

 

Les premières pages s’ouvrent sur des fragments de textes: une fille observe un garçon. Lucas. Elle ne s’adresse à lui qu’en pensées et lui crie son amour…

en silence. Et lui ?

Lui, il ne la voit pas. Il ne la voit plus.

Ce n’était pas le cas, avant.

 

Avant, Judith avait des amies. Avant, Judith avait Lucas. Mais « Il y a de cela quatre ans, Judith et sa meilleure amie ont disparu du village de Rosewell Station sans laisser de traces. Deux ans plus tard, seule Judith est revenue, définitivement mutilée-la langue tranchée ».Personne ne cherche à comprendre ce qui lui est arrivée. Tous voit dans sa mutilation, la marque de l’infamie, de la honte. Aucun avenir n’est possible. Elle n’est qu’un « Lombric » (son surnom), qu’une langue tranchée. Comment retrouver une vie quand les autres vous la refuse ?

«  Pourquoi tout le monde part-il toujours du principe qu’en ma qualité de marchandise abîmée, j’ai renoncé à la quête du bonheur ? Que je n’attends plus rien, que je n’ai ni ambitions ni désirs ? Quand a-t-il été convenu que j’étais désormais destinée à servir de béquille et de faire-valoir aux êtres valides ? ».

 

La vérité qui est en moi est donc l’histoire d’un amour contrarié et d’une résilience. Le prénom de l’héroïne n’est pas du tout anodin et peu faire écho de manière subtile au Livre de Judith mais aussi à Barbe Bleu.

Judith, fauchée dans sa jeunesse et sa beauté, malmenée par sa famille et sa communauté, observe. Judith, enfermée dans ses pensées, ses souvenirs, son amour perdu, crie en silence.

Cette ambiance de « thriller historique » et cette violence de l’enfermement (physique et intérieur) sont très bien retranscrites dès la couverture du livre de François Roca, présentant Judith, seule dans la forêt, la bouche cachée par une branche.

Ce qui s’est passée dans la forêt doit rester dans la forêt. Mais Judith va devoir y retourner dans cette forêt, affronter ses peurs, son démon, son passé.

Ainsi, peu à peu, comme des pièces de puzzle, les pensées de Judith vont permettre de révéler la vérité. Celle qu’elle connaît, qu’elle a enfoui en elle, mais aussi celle qu’elle ignore et avec laquelle il faudra faire face.

Le style d’écriture est en relation directe avec l’évolution de Judith. Au début, très fragmenté, comme une personne encore sonnée par le traumatisme qu’elle a subit, choquée par la réaction des autres. Puis, grâce à une main tendue, une aide inespérée, Judith retrouve peu à peu son statut d’humain, sa féminité, son amour et avec l’espoir, le texte s’enrichit.

La vérité qui est en moi de Julie Berry, éditions (Les Grandes Personnes), 16€50

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4 réflexions sur “La Vérité qui est en moi (Chronique #6)

    1. Franchement, j’ai trouvé que c’était une super histoire, je suis pas très satisfaite de ma chronique, je ne suis pas arrivée à retranscrire tout ce que j’ai ressentie. Mais c’est une histoire d’amour cruelle et romantique d’une certaine manière . Tu me diras si tu le lis 😉

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